Le corps momifié d’une Britannique a été retrouvé dans son appartement, quatre ans après son décès. Depuis cette macabre découverte, sa famille veut comprendre comment une telle situation a pu se produire.
La triste histoire de Laura Winham met en lumière les défaillances des services sociaux au Royaume-Uni.
Comme le rapporte LADbible, le corps momifié de Laura Winham, 41 ans, a été retrouvé dans son appartement social situé dans le comté de Surrey, en Angleterre, le 24 mai 2021.
À l’époque, des experts avaient révélé que la trentenaire était décédée quatre ans plus tôt, soit en 2017. Cette dernière était atteinte de schizophrénie.
Suite à cette macabre découverte, une enquête a été menée par le Surrey Coroner's Court. Les professionnels en charge du dossier ont conclu que la cause du décès était « indéterminée ».
Crédit Photo : Hudgell Solicitors/PA
De son côté, la famille de la défunte affirme que Laura a été «abandonnée» par les professionnels qui auraient « dû s’occuper d’elle ».
« Ils semblent avoir fermé les yeux. Laura a été abandonnée. Cela me brise le cœur de m’imaginer comment elle a vécu ces dernières années, incapable de demander de l’aide, seule. C’est tragique », a confié Nicky Winham, la sœur de Laura, auprès du Daily Mail.
Avant d’ajouter :
« Elle a grandi au sein d’une famille aimante et qui la soutenait. Elle a travaillé dur pour dépasser sa surdité, elle a été scolarisée dans une école classique et a même obtenu un diplôme universitaire. Mais elle a fini par changer, elle croyait les voix dans sa tête qui la détournait de nous. Nous étions impuissants. Le contact avec nous semblait la mettre mal à l’aise. Elle refusait de nous voir et, à la fin, nous avons malheureusement dû respecter ses souhaits et la laisser entre les mains de professionnels ».
Une personne à risque
Quatre ans après les faits, une enquête a été ouverte afin de déterminer s'il y a eu négligence de la part des services sociaux.
« Laura n’aurait jamais dû se retrouver seule dans un appartement fermé. Étant donné ses handicaps et ses besoins, elle aurait dû être placée dans un logement avec assistance », avait expliqué à l’époque l’avocat de la famille.
Dans sa déclaration, ce dernier explique que les services sociaux ont reçu une alerte de la police le 7 octobre 2017. Dessus, les forces de l’ordre ont dressé un bilan inquiétant concernant l’état de santé de Laura.
« Laura était manifestement une personne potentiellement à risque, mais elle n'a pas été jugée digne d'une visite. Elle a été abandonnée à son sort. Si les services médico-sociaux pour adultes s'étaient rendus à son domicile dans les jours qui ont suivi le signalement, Laura serait encore en vie », a-t-il déclaré.
Crédit Photo : Hudgell Solicitors/PA
Comme il le précise, Laura a laissé une note déchirante peu de temps avant son décès. Elle aurait indiqué dans son journal qu’elle était « affamée » et qu’elle « rêvait » de nourriture.
Mardi 25 février, le coroner Karen Henderson (officier de police judiciaire chargé d'enquêter sur les décès par mort violente ou par accident dans les pays anglo-saxons, ndlr) a rendu les conclusions de l’enquête.
Cette dernière a révélé qu'il y avait eu une « occasion manquée [par les services sociaux] de prendre activement des mesures pour rendre visite à Laura afin d'évaluer ses besoins (…) ».
Crédit Photo : Hudgell Solicitors/PA
Toutefois, elle a estimé qu'il n'était « pas possible de conclure » qu'il existait «un lien entre cette mauvaise gestion et le décès de Mme Winham ».
Une bien maigre consolation pour la famille de la victime.